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LA
BONNE GOUVERNANCE ET LA TRANSPARENCE DANS
LE PROCESSUS DE PRIVATISATION ET
DE CESSION
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PAPIER
INTRODUCTIF AU DÉBAT
PAR
MONSIEUR AZIZ DIEYE
EXPERT – COMPTABLE
La Bonne Gouvernance, ensemble de règles écrites,
non écrites, est devenue le thème favori de beaucoup de colloques et
d’ateliers et de groupes de travail.
La privatisation quant à elle, considérée pendant
longtemps comme bête noire desÉtatistes et sujet tabou, voire interdit dans
certains pays (Egypte 1992), est devenue aujourd’hui une recette
incontournable de toutes politiques économiques d’Est en Ouest, du Nord au
Sud.
L’économie étant de nos jours l’alpha et l’oméga
de tous les débats politiques, il paraît évident qu’un sujet regroupant les
modus opéranda de la bonne gouvernance et de la privatisation de la gestion économique
contemporaine, ne peut être plus actuel.
Passons en revue les deux thèmes dans leur contenu sémantique, dans leur positionnement sur le champ de la politique et de l’économie réelle en essayant d’en donner une définition, d’en cerner les différentes acceptions, pour terminer, d’en voir les modalités de mise en oeuvre
La Bonne Gouvernance ensemble de règles
d’attitudes destinées à assister les dirigeants dans l’obligation de gérer
de manière transparente et dans leur souci de rendre compte sur une base claire
et irréprochable toutes les parties prenantes de leurs actes de gestion est
devenue une exigence majeure dans toutes les sphères économiques et qui
n’exclut aucun pan de l’activité humaine.
L’émergence comme dogme de la Bonne Gouvernance
constitue l’un des faits marquants de l’évolution récente du capitalisme
en tant qu’elle vient tempérer les excès du laisser Faire Laisser Passer
chez Adam Smith tout en remettant en cause l’illusion de la main invisible
qui réglerait comme un métronome divin les objectifs et actions personnels
comme leurs interconnexions à l’intérêt général.
Il est en effet admis dans toutes les communautés
humaines que la survie du groupe et ses intérêts bien compris s’imposent
avant toute considération de l’intérêt particulier.
En
même temps l’on exige des dirigeants quelle que soit l’entité qu’ils
pilotent (institution publique, privée, associative ou caritative) et quelle
que puisse être la nature de l’acte de gestion entreprise, qu’ils rendent
compte de ce qu’ils ont fait non seulement à ceux qui les ont mandatés mais
également à toute personne ayant ou susceptible d’avoir un intérêt dans ce
qui est fait.
C’est cet ensemble de règles d’exigences et
d’obligations qui constituent le code de bonne conduite auquel est tenu de se
soumettre tout acteur de la vie économique. Si cette exigence forte est demandée
aux gérants, même propriétaires de leur entreprise, elle est encore plus
lourdement requise de ceux qui gèrent la chose publique surtout lorsque ces
derniers sont chargés non pas seulement d’administrer mais de disposer dans
le cadre de la politique de privatisation des biens nationaux qui ont été
acquis avec l’argent des citoyens et qui étaient destinés à rester dans le
domaine public, l’État s’étant proclamé gérant de secteurs dits stratégiques.
Il faut dire que le processus de Privatisation
comporte une lourde charge émotive tournant autour des questions doctrinales de
rationalité économique d’égalité voire de préférence des citoyens devant
tout étranger dans l’acquisition de ce qui est à céder.
La vérité, c’est que la cession des biens publics
c’est à dire qui sont la propriété de toute la collectivité, ne peut se
faire sans que ceux qui en sont chargés ne soient questionnés sur la
transparence des modalités de mise en œuvre, sur la prise en compte des
meilleurs intérêts de l’état, sur le juste prix et sur les conditions de
transfert de la propriété de la puissance publique au repreneur privé et plus
particulièrement lorsqu’il s’agit de transférer un monopole ou de céder
des activités dites stratégiques : Eau, Électricité, Téléphone, Éducation,
Santé.
On voit bien qu’apparaît ici l’intérêt d’un
code de conduite, d’un corps de textes cantonnant dans des limites précises
pour préserver les acteurs de tout soupçon de duplicité avec ceux auxquels
les biens publics seraient cédés.
De ce constat découle l’impérieuse nécessité de
la Bonne Gouvernance en tant que bouclier de protection contre une éventuelle
critique contre les politiques de privatisation qui pendant longtemps, ont eu du
mal à se faire accepter du plus grand nombre, mais on se rend compte également
que la Bonne Gouvernance constitue le meilleur outil d’efficacité de la
Politique de Privatisation en tant qu’elle donne du processus une image
positive.
Nous allons examiner les apports essentiels que la
Bonne Gouvernance peut faire aux politiques de privatisation des Entreprises
publiques.
Dans ce contexte, le plan ci-après est proposé :
I.
LA BONNE GOUVERNANCE ET LA PRIVATISATION DE LA GESTION DES
ENTREPRISES PRIVEES : QUELS CONTENUS, QUELS LIENS DIALECTIQUE ET OPERATIONNEL ?
II.
LES
MODALITES DE PRISE EN CHARGE DE LA BONNE GOUVERNANCE DANS LE PROCESSUS DE
PRIVATISATION
CONCLUSION
PROVISOIRE :
QUELS MOYENS SONT SUSCEPTIBLES DE FAVORISER LA BONNE GOUVERNANCE DANS LES
PROCESSUS DE PRIVATISATION ?
I.
LA BONNE GOUVERNANCE ET LA PRIVATISATION DE LA
GESTION DES ENTREPRISES PUBLIQUES : QUELS CONTENUS, QUELS LIENS DIALECTIQUE ET
OPERATIONNEL ?
1. La Bonne Gouvernance comme nous l’avons vu en
supra implique :
-
l’obligation de rendre compte ;
-
l’adhésion à un corps de règles et un code de comportement irréprochable
dans la gestion des missions en vue d’éviter les conflits d’intérêt et
les actions et attitudes susceptibles de nuire à l’équité, à l’égalité
entre toutes les parties intéressées aux activités concernées par la mission
confiée ;
-
l’affichage et le suivi scrupuleux d’un code d’éthique et de déontologie
de nature à assurer la bonne gestion des affaires ;
-
la mise en œuvre et la communication des meilleures pratiques
susceptibles de rendre l’information financière lisible, comparable,
transparente, gage d’un système de publication financière indispensable à
toutes les parties intéressées.
On
perçoit ici la prégnance de deux séries d’éléments contraires, ce qui est
permis et recommandé versus ce qui est interdit ; les premiers sont de
nature à rassurer les tiers et les parties prenantes, les autres constituent
des faisceaux d’irrégularités voire de fraudes potentielles.
Les choses recommandées incluent la disponibilité à date d’une information financière
complète, pertinente, établie selon des règles communément admises et
appliquées de façon permanente.
-
le respect de règles d’égalité entre les parties, indépendamment
de leur position dans la société et cela en veillant à ce que personne ne
puisse abuser de son statut de dirigeant pour obtenir des contrats léoniens ;
-
la séparation des fonctions de pilotage de contrôle, des fonctions de
gestion ;
-
la refondation des organes sociables pour les rendre plus responsables.
Les choses interdites
relèvent de l’abus de position, de l’obtention d’avantages injustifiées,
de l’existence de conflit d’intérêt, du déficit d’informations financières
sincères ou du retard dans leur fourniture.
Au
delà de ces règles, la Bonne Gouvernance postule le souci permanent de
transparence et de procédure marquées du sceau de l’éthique, de la morale
et de règles ne laissant aucun doute quant à leur conformité à l’intérêt
de toutes les parties prenantes.
Depuis
un certain nombre d’années, de multiples initiatives ont été prises en vue
d’exploiter les règles de la Bonne Gouvernance :
§
Rapport CARDBURY en Angleterre
§
Rapport BOUTON en France
§
Principes de l’OCDE
§
Rapport KING en Afrique du Sud
§
Règles du Comité de BASLES
§
Commonwealth Association for
Corporate Governance
§
Association of Securities
Dealers
§
International Corporate
Governance Net Work
§
ISAR Report
§
M/C Kinsey Global Investor
Opinion
§
Survey on Corporate
Governance
§
Rapport de l’OCDE
§
Lois Sarbanes – Orlex 30 Juillet 2002 : Loi sur la Sécurité
Financière
2.
La Privatisation qui est devenue un élément
incontournable de toutes les politiques économiques dignes de ce nom a
plusieurs objectifs :
-
de décharger l’Etat de la gestion d’actifs ou d’activités ;
gestion à laquelle ni son statut, ni ses buts, ni ses moyens financiers ne le
prédisposent à la réussite ;
-
de donner aux finances publiques des ressources qui peuvent être
importantes et qui sont susceptibles de leur permettre de financer leurs
missions régaliennes pures : sécurité des personnes et des biens, défense
de l’intégrité du territoire, mise en place d’un environnement favorable
à l’entreprenariat, garantie juridique des transactions ;
-
d’indiquer et d’affirmer haut et fort l’adhésion à une politique
libérale où une place capitale est faite au secteur privé afin qu’il
profite d’une Privatisation.
La Privatisation s’apprécie surtout par la valeur
économique et le rendement financier que sa mise en œuvre permet à l’État
d’engager.
Le Couple Bonne Gouvernance – Privatisation n’a
de ce fait pas besoin d’être explicité, il ne peut y avoir de politique de
privatisation réussie sans qu’ait été mis en place tout le dispositif
institutionnel et juridique en garantissant l’efficience et la sécurité.
Ce dispositif qui comporte des lois, des organes
d’exécution et de contrôle protége à la fois les agents chargés de la
mise en œuvre comme les acquéreurs potentiels et réels. Ce qui nous amène à
traiter dans une deuxième partie des modalités de prise en charge de la bonne
gouvernance dans les processus de privatisation.
II. MODALITES
DE PRISE EN CHARGE DE LA BONNE GOUVERNANCE DANS LE PROCESSUS DE PRIVATISATION
A. Le
Processus de Privatisation, une exigence de rigueur morale.
Il est important que les acteurs soient protégés
d’eux mêmes contre toutes les tentations notamment du fait des enjeux monétaires
et financiers importants.
Il est également de la plus haute importance que les
acquéreurs aient la conviction que rien dans les procédures utilisées n’est
de nature à remettre ultérieurement en cause la validité juridique des
conventions les liant aux états cédants.
Pour cela il est de la plus haute importance qu’une
Loi soit votée par la représentation nationale qui définit les conditions,
les modalités, les organes chargés de la cession.
De même les parties à la procédure de cession
seraient interdites de toutes prises d’intérêt direct ou indirect sur les
biens à céder.
Il est tout aussi vital que tous les candidats à
l’acquisition soient dûment et égalitairement informés de l’ensemble des
modalités de la cession, les mêmes niveaux d’information doivent être assurés
à chaque candidat.
Le respect de l’égalité entre les candidats acquéreurs
permettra de garantir aux candidats attributaires qu’ils ne seront poursuivis
ni en vue d’une action en répétition, ni pour manœuvres frauduleuses.
Au surplus la codification claire des règles de
cession et la mise en place d’organes indépendants déclinant de façon précise
les modalités de privatisation sont les meilleurs moyens pour réussir à
attirer les investisseurs et à augmenter les chances d’un meilleur prix.
Il est démontré que la Concurrence constitue la
meilleure garantie d’obtention d’un bon prix en tant qu’elle permet de
vendre au mieux offrant.
De plus il est évident qu’on ne peut trouver
meilleur signal du sérieux d’un Etat qu’en démontrant dès le départ
qu’on respecte les lois du marché et que les décisions sont guidées à l’échelon
le plus élevé par les
bons usages du marché, cela aura par ailleurs un
impact non négligeable sur la capacité du Pays à attirer les investisseurs étrangers
en les rassurant que le Pays adhère aux règles du marché ce qui attrayera non
pas seulement les capitaux intéressés par la Privatisation, mais aussi les
investissements dans d’autres secteurs de l’économie accroissant aussi les
investissements étrangers directs.
C’est qu’au delà de l’exigence morale la
Privatisation est également une exigence d’efficacité économique.
B. Le
Processus de Privatisation est une exigence d’efficacité economique
En privatisant l’État ne cherche qu’à améliorer
ses finances, la politique de privatisation vise à permettre aussi
l’introduction dans le secteur public des meilleures pratiques du secteur privé.
Il est de nos jours généralement admis que l’État
ne peut pas faire tout seul face aux besoins immenses qui requièrent les
nouvelles technologies tant dans les télécommunications que dans les
transports ou la biotechnique or le marché détient les ressources financières
adéquates mais ne les mettra à disposition que si l’État joue le jeu et se
comporte en partenaire respectueux de ses engagements.
L’efficacité recherchée dans le Processus de
Privatisation consiste à obtenir le meilleur prix des biens qu’il cède tout
en se protégeant contre les accusations de dols ou vices cachés.
Il est clairement démontré que l’asymétrie de
l’information financière peut éroder la valeur de cession que l’État peut
espérer tirer des ventes.
L’opacité ou le caractère incomplet de
l’information financière disponible sur ces sociétés a pour conséquence de
diminuer la valeur de cession, ce qui aura pour conséquence de mettre en péril
la recherche de l’efficacité.
CONCLUSIONS
Il est indispensable que le processus de
Privatisation fasse l’objet d’un Code de règles claires et appliquées de
façon continue à toutes les parties prenantes.
Il est important qu’un contrôle adéquat et une
supervision effective soient exercés sur les opérations de Privatisation.
On veillera à ce que avant, pendant et après l’opération,
toutes les informations sur le processus soient connues de tous.
Ø
Questions en suspens :
-
Comité de privatisation ;
-
Acquisition par les dirigeants ;
-
Consortia ou noyaux durs uniques ;
-
Fixation des revenus